Kategorie: Kultur-Literatur

Couverture
Le 26 février 1885 est une date mémorable pour l'Afrique. Elle marque le partage de l'Afrique. En effet, lors de la conférence de Berlin (nov.1884-février 1885) les puissances occidentales ont décidé du sort de l'Afrique.14 nations se sont rassemblées pour se partager les pays africains et tracer de façon arbitraire les frontières.
Je retrace tout ce pan d'histoire occultée J'aborde également la colonisation allemande dans le "Sud-ouest allemand" aujourd'hui la Namibie, dans le sud-est allemand,en Afrique de l'est (Tanzanie, Burundi, Ouganda).
C'est en Namibie que les premiers camps de concentration ont été ouverts pour les Africains. C'est en Afrique qu'ont eu lieu les premières déportations d'Africains du sud-ouest allemand (aujourd’hui la Namibie) vers le Togo et le Cameroun. C'est également en Namibie qu'a eu lieu le premier génocide, celui des Héréros.
Plus de 20 000 Namibiens ont été poussés vers le désert du Kalahari et ils sont morts de soif et de faim au cours d'une bataille sanglante. C'est un peuple pratiquement décimé et qui aujourd'hui réclame des réparations. Un chapitre complètement occulté des manuels d'histoire.
La colonisation allemande a duré 34 ans. Avec le traité de Versailles en 1919, l'Allemagne a perdu ses colonies. Compte tenu du rôle peu reluisant des troupes allemandes dans cette partie de l'Afrique on parle peu de ce chapitre de l'histoire. C'est également dans ces camps de concentration que les premières expériences médicales ont eu lieu sur les prisonniers.
La colonisation n'a jamais été une œuvre philanthropique et de nombreux excès ont été commis. Avec la conférence de Berlin, le Congo, un pays 80x plus grand que la Belgique est devenu la propriété exclusive du roi belge. Je décris également toutes les exactions qui y ont été commises:le travail forcé, la politique des mains coupées pour obtenir la quantité de caoutchouc pour les besoins d'un roi mégalomane. Je termine mon ouvrage sur une note optimiste afin de renforcer le dialogue interculturel en Allemagne.
Le 27 février 2010, une rue de Berlin a été débaptisée et on lui a donné le nom d'une activiste métisse allemande, MAY AYIM (1960-1996) poétesse, chercheur, logopède et très engagée dans la lutte contre le racisme. Elle s'est suicidée en août 1996. Ce fut un choc dans la communauté noire d'Allemagne.
Je lui ai consacré plusieurs articles. Elle a ouvert la voie à la recherche sur les Noirs en Allemagne avec son livre en allemand:
"Afro-Allemands sur les traces de leur identité". (Ma traduction).
May Ayim était mon amie. Nous avons publié ensemble pendant des années à Berlin le premier journal de la communauté noire "Afro-Look".
Nous étions 3 femmes à effectuer ce travail. Ce fut une période exaltante. Nous avons dû arrêter de publier ce journal, car nous financions tout nous-mêmes. Cela a dépassé à un moment donné nos moyens. May Ayim est son nom de plume. Elle a cherché et trouvé son père, un Ghanéen qui avait fait ses études de médecine en Allemagne.
May était une femme au grand cœur. En effet, lorsqu'elle avait appris que j'étais candidate au poste de maire pour la mairie d 'Erlangen en 1996, elle a voulu me décerner un prix à partir de ses propres économies. Au bout de deux heures d'entretien téléphonique, j'avais réussi à la convaincre que je viendrai à Berlin pour sa conférence et qu'elle en retour, me promettait de renoncer à ce prix.
Je suis très heureuse qu’on ait débaptisé une rue du nom d'un Négrier allemand qui a participé à la Traite et qu'on l'ait remplacé par celui de May Ayim. C'est un grand pas en avant que nous avons fait en Allemagne dans le domaine du dialogue interculturel.



