Kategorie: Kultur-Musik

Richard Bona interviewed by simon INOU
Richard Bona:"Je demande à la jeunesse camerounaise doit croire en elle-même"
Dans son récent album “The ten shades of blues“, le bassiste montre que le Blues est une musique universelle. Lors de la toute première présentation mondiale de cet album à Vienne (Autriche) le 20 octobre, nous l´avons rencontré. Ce jour, il célèbre son 42e anniversaire.
Dix ans de carrière musicale internationale. Lorsque tu regardes dans le rétroviseur, quels sont les évènements qui t´ont le plus marqué?
C´est que je sois toujours en train de faire ce que j´adore le plus : la musique. Je continue d´être productif. J´essaye toujours de penser d´une manière très positive, à un moment difficile comme maintenant où la crise est en train de faire des ravages. J´ai toujours cette passion de faire de la musique.
Le dernier album s´entitule « The ten shades of the blues» : les dix ombres du blues. Pourquoi le blues?
Très souvent, quand on dit Blues, les gens se réfèrent toujours au delta du Mississipi (Usa). Mais, le blues est une gamme jouée partout dans le monde. Selon les médias, le blues vient des esclaves d´Afrique déportés vers les Usa. Si c´est ça le Blues, pourquoi ne dirait-on pas que les cowboys jouent le blues aussi. Les esclaves emmènent le banjo qui est un instrument africain. Lorsque les cowboys jouent au banjo, le blues devient subitement la country music, alors qu´ils jouent la même gamme.
La gamme est-elle jouée partout dans le monde?
Oui. Lors de mes concerts de par le monde, j´entends cette gamme partout. En Irlande, aux Usa, en Afrique, en Asie. Les Indiens jouent le Blues. Lorsqu´on écoute John Lee Hooker, on dit ahhh !!! C´est le Blues. Mais, lorsque Salif Keita joue la même gamme, ce n´est plus le Blues.
En même temps, on disait de feu Ali Farka Touré qu´il jouait le “African Blues”
Voilà. Tu vois donc. Qu´est-ce que c´est le African Blues?
Par cet album tu veux alors……
(…) montrer que le Blues est une musique universelle, sophistiquée. Car lorsqu´on joue cette musique quel que soit l´endroit du monde où on se trouve, les gens se sentent bien dans leur peau. Car c´est une musique universelle, contrairement à ce que les médias propagent.
Cette année a été marquée par deux grands évènement sur le plan planétaire: l´élection de Barack Obama comme premier président noir des Usa et le décès de Michael Jackson. Quelles leçons en tirer?
Michael Jackson était un grand artiste qui a révolutionné le monde de la musique, du showbiz. Son décès affecte tout le monde, y compris moi et beaucoup d´autres fans qui ont été terriblement affectés. C´est dommage qu´il soit parti très tôt. L´accession de Barack Obama est une bonne chose pour montrer que le monde peut être différent. Qu´on peut le voir sous un autre angle. J´ai voté personnellement pour Barack Obama. Il vient d´être prix Nobel, ce que je conteste aussi. Car, quand je vote pour Barack Obama, il porte en lui un message de paix, de Martin Luther King, de non violence. Et quand il arrive au pouvoir, la première des choses qu’il fait est l´envoi des troupes en Afghanistan. Pour moi, il va dans le sens contraire de sa propre vision du monde avant les élections.
Richard oublie-t-il que Barack Obama est un politicien?
Oui, mais en même temps, tu m´as demandé de te choisir à partir de tes choix. Il voulait retirer les troupes d´Irak etc… Il avait un message de paix, de non-violence. C´est la première et la dernière fois que j´ai voté. Je pense que la politique, ce n´est pas mon histoire.
En 2009, au Cameroun, on a aussi vécu le décès de Charlotte Mbango. Dernièrement, on a commémoré la première année du décès de Eboa Lottin…
Deux grands artistes qui, au niveau de la création musicale, étaient des exemples. Eboa Lottin était un magicien de la musique. Et Charlotte Mbango, je pense qu´elle vient de la famille Lottin Nsamè, a certainement eu une graine de Eboa Lottin qui lui aussi a eu une graine de Lottin Nsame. Ces deux artistes ne doivent en aucun cas pas être oubliés. Ils ont oeuvré pour le rayonnement de la musique camerounaise, ainsi que pour les jeunes comme nous. C´est ce que nous faisons pour les générations futures.
Concernant la jeunesse, qu´en est-il de tes cours de musique à l´université de New York?
Cette année, je n´enseigne pas. Je préparais un album et j´avais aussi des concerts. Pour l´instant, j´ai arrêté. Je profite de cette occasion pour demander à la jeunesse camerounaise, en ces temps difficiles, de croire en elle même. C´est important d´avoir un objectif, d´aimer ce qu´on veut bien faire dans la vie. Si tu as un rêve, il faut croire en ce rêve et croire en tout ce que tu as envie de faire. Car le pouvoir de vouloir nous amène à un pouvoir de pouvoir.
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Source: La Nouvelle Expression - CAMEROON
Source 2: CAMER.BE - BELGIQUE
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